segunda-feira, 26 de janeiro de 2009

Extrait: Kiran

J’avait eu 15 ans ce-jour là. Enfin, une année de plus était passée, me rapprochant de plus en plus de la mort. J’était heureuse et je me contemplais dans le miroir pour voir apparaître, déjà, mes premières rides. J’avais les cheveux noirs et les yeux bleus, j’était mince et je ne me regardais que rarement dans le miroir. L’apparence était, pour moi, d’une importance minime. Je m’habillais de vieux habits noirs, larges et confortables. Je ne comprenais pas, pourquoi tout le monde me demandais la raison de mon manque d’intérêt à la beauté. Je ne répondais jamais à ces questions, aussi importantes qu’étaient ces questions pour les autres, pour moi, il n’y avait pas à y répondre, comme l’apparence de mon physique, c’était inutile. J’aimais le noir, c’était une couleur neutre, d’ailleurs même pas une couleur, pour les gens qui aiment tant le répéter. Cette couleur me décrivait si bien, à cette époque, fermée, indifférente et seule. Les gens avait tant de fois essayés de créer une conversation intéressante avec moi, toujours, ils avaient finit par partir, par agacement, parce que je ne leur parlais pas. Je ne répondais pas à leurs questions, et ne leurs en posait pas. Il ne sortait jamais un seul son de ma bouche, mes cordes vocales auraient bien put se casser, personne ne l’aurait remarquer. Même plus les professeurs ne m’adressaient la parole. J’avais l’impression de n’être qu’une spectatrice du présent, d’être transparente, et c’était très bien comme ça. Mon anniversaire s’était passé comme toutes les années, ma mère m’avait souhaité un joyeux anniversaire d’un baiser sur le front, et avait déposé un cadeau sur mon lit. Mon père ne me donna rien, il était mort depuis bien longtemps déjà, mais je n’en savais pas plus, ma mère ne supportais pas m’en parler. Mon manque d’intérêt la faisait souffrir. Elle aurait tant voulut que je lui demande de me parler de lui. Tout c’était donc passé comme je l’avais souhaité, les autres élèves n’étaient au courant de rien, pour mon plus grand plaisir. Seul le boulanger d’en face, qui était le seul à entendre de temps en temps le son de ma voix, m’avait souhaité, en dehors de ma mère, un joyeux anniversaire. Je n’ai d’ailleurs jamais su, pourquoi je lui parlais, j’avais commencé un jour, je ne sais plus quand, et j’avais continué par politesse. Il savait qu’il était le seul homme à qui je parlait, alors il me saluait toujours et me demandait des nouvelles. Je lui répondait toujours la même chose, mais aussi banal que ce fut, il ne s’en lassait jamais. Je n’aimait pas ma voix, et me demandais ce qui lui poussait à continué. C’était un homme chauve et gros, il avait l’allure d’un homme sympathique et souriait beaucoup. Les gens l’appréciait, autant pour son pain que pour sa gentillesse. Il était généreux et offrait toujours des bonbons aux plus jeunes. Moi, il ne me donnait jamais rien, mais ce jour-là, il me contempla d’un large sourire et me demanda ce que je voulais emporter gratuitement. Une femme qui était à l’autre coin de la boutique, lui dit qu’il ne servait à rien de me parler, que son fils était dans la même classe que moi depuis son plus jeune âge, et qu’il n’avait jamais entendu le son de ma voix. Elle murmura d’ailleurs à elle-même qu’elle se demandait si ma voix était jolie ou pas. Cessant de l’écouter, le vieil homme me regarda à nouveau, et je me contentai alors de désigner du doigt un croissant écrasé de la veille. L’homme changea d’expression et m’en donna un autre, bien gros, qui venait de sortir du four. Je ne compris pas ce geste, alors que je voulais lui épargné les restes. Il me le tendit et je le remercia d’un sourire forcé. Il avait encore l’air troublé et attristé de mon comportement, alors je lui sorti, un énorme sourire avec un grand merci, que même la femme entendu, bien évidemment puisque j’avais presque crié. Elle commença aussitôt a prié et à murmuré : ''Bon sang de bon sang !''. Je la regarda avec étonnement quand je parti de la boulangerie en courant. Je me dirigeait vers la forêt, mon endroit sacré. J’eu là-bas, un moment de paix, comme chaque fois, où j’avais décidé d’y errer, telle une jeune femme sans but précis. Moi, je m’imaginais un monde parfait, où il n’y aurait que forêts, champs, lacs et silence. J’aimais la tranquillité, ou, du moins, je ne supportait pas la foule et le bruit. La forêt était ma source de paix, et je l’aimais, comme une personne apprécierai sa complice. Je m’asseyais sur de vieux troncs d’arbres déracinés par les rares tempêtes qui frappaient le village isolé. Pendant ces moment là, j’observais la nature qui m’entourait, analysait chaque animal qui bougeait dans cet environnement vert et brun. Chaque feuille était unique, chaque ton de vert était différent. Le contraste entre les vieux chênes et les jeunes sapins, celui entre la terre et les troncs me calmait. Quelques rares animaux rentraient dans mon champ de vision : des rats, de petits insectes, des oiseaux bruyants, des écureuils agités. J’entendais les chants des oiseaux et le bruit de l’eau qui coulait dans les sources. J’apprenait ainsi à dominer mon sens de l’ouïe, à force de m’entraîner, j’écoutait de mieux en mieux, car ma concentration était meilleure. J’aimais ces moments, car c’était MES moments à moi. Uniques, j’en gardais des souvenirs précis. Personne ne savait que j’errait ici, car à chaque fois que j’entendais des pas et des voix humaines je me cachait dans les feuillages. Pleine de boue je me baignais alors dans le lac. Et de ces rares fois où ma mère me voyait rentré les habits complètement mouillés, elle se contentait de les séché sans demander son reste. Elle respectait mon mutisme et ne me dérangeait pas. J’aurait voulut la remercié, mais ceci m’aurait couté cher. Elle m’aurait alors harcelé jusqu'à ce que je laisse sortir un autre mot de ma bouche. Ainsi se passait ma vie, banale et tranquille dans un village loin de tout. Après avoir passé deux heures assise sur le tronc, je commençais à percevoir des bruits. Ils passaient inaperçus pour la majorité des gens, qui n’y prêtaient pas attention. Mais moi, comme j’affinait mon sens de l’ouïe, je les entendais à présent. Les arbres. Ce bruit signifie que les arbres dialoguent entre eux. Aussi irréaliste que cela paraît, les arbres communiquent. Et je les entendais, de mieux en mieux. Une heure passa encore, sans que je m’en aperçoive. Et c’est de bonne humeur que je revint chez moi. Ma mère était encore au travail et je me réfugia dans ma chambre. Je m’assis sur mon lit et heurta quelque chose de dur. Je me retournai et vis un grand cadeau. Je le pris et l’ouvrit. C’était une guitarre. Quelle suprise ! Une guitarre ! Jamais je n’aurais pensé que ma mère m’offrirait un jour une guitarre. Je la pris et j’en fis sortir quelques sons. Elle était accordée. Ma mère avait donc pensé à tout. Sauf…que je ne savait pas jouer. Je posa mes doigts sur les cases et les sons qui résonnèrent dans ma chambre étaient affreux. Il fallait donc que j’apprenne, sans aucune référence je ne saurais jamais jouer…


Sam

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